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18 avril 2001 - 18 avril 2010 |
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30e Printemps Berbère et 9e
anniversaire du Printemps Noir Déclaration du Mouvement Citoyen des
Aarchs La célébration du trentième anniversaire
du Printemps Amazigh et du neuvième anniversaire du Printemps Noir constitue
une halte historique symbolisant le combat identitaire et démocratique mené
par plusieurs générations de militants. La commémoration de ce double
anniversaire intervient dans un contexte délétère, marqué par une instabilité
sociale endémique, une régression politique et une remise en cause des acquis
démocratiques arrachés au prix d’incommensurables sacrifices. La problématique du non-respect des
droits de l’Homme et de la démocratie demeure entière. Le constat de carence
est plus qu’évident avec, entre autres, une presse sous contrôle, une langue
amazigh maintenue toujours à l’état embryonnaire, une justice
instrumentalisée, une corruption institutionnalisée et des droits
socio-économiques qui renvoient à une situation des plus lamentables. Hélas,
au lieu d’apporter des réponses justes et définitives, encore une fois c’est
le traitement répressif qui semble être privilégié par les tyrans du régime
en place ; rythmant ainsi le quotidien des citoyens par l’impunité, le
terrorisme, la criminalité, le suicide, le chômage, les passe-droits, les
malversations, et une répression tout azimut contre les syndicats autonomes
et tous les segments actifs de la société exprimant un ras-le-bol généralisé.
Ce constat amer couve les conditions objectives et tous les germes de la
crise ayant été à l’origine des tragiques événements du Printemps Noir de
2001. En effet, depuis l’accession du pays
à l’indépendance, le peuple algérien n’a connu de la liberté et de la
démocratie que les slogans creux servis jusqu’à l’overdose par un pouvoir
mafieux qui s’est établi par la force et l’intrigue. Jusqu’à ce jour, le
destin de l’Algérien est celui d’un laissé-pour-compte qui n’a d’autre choix
que de se plier dans une longanimité d’esclave ou de lutter pour sa
rédemption et son affranchissement. Cela étant, il appartient à chacun de
prendre le bon choix et il ne tient qu’à lui d’emprunter le chemin qui mène à
la liberté et la dignité. Un chemin que d’autres, avec la témérité des
pionniers, ont déjà frayé et que jalonnent de lumineuses stations historiques
qui tout en racontant les luttes citoyennes d’hier, éclairent les combats
futures. Et, parmi ces dates phares dont nous nous apprêtions ces jours-ci à
commémorer les événements, il y a le Printemps Amazigh et le Printemps Noir.
Aujourd’hui, il est plus qu’évident qu’un changement avec des moyens
pacifiques n’est possible que si la majorité adopte ouvertement l’option de
la lutte citoyenne. Le Mouvement Citoyen entend prochainement, à la faveur
d’une nouvelle initiative, s’employer à faire du basculement majoritaire un
objectif stratégique et une perspective réalisable. À ce titre, le Mouvement
Citoyen pense qu’au-delà des différences idéologiques, souvent
instrumentalisées par le pouvoir, la seule démarcation valable à prendre en
compte est celle séparant entre ceux ayant choisi la soumission et ceux
engagés dans l’opposition politique au régime en place. À l’occasion de la double
commémoration du Printemps Amazigh et du Printemps Noir, le Mouvement citoyen
ne peut que rappeler la nécessité vitale qu’il y a de tirer les leçons des
expériences passées, d’abandonner l’agitation stérile et de travailler à
créer de nouveaux rapports de forces en faveur d’un projet démocratique
fédérateur et viable. Il est clair ce n’est que par une société mature,
autonome et engagée et par une action réfléchie, stratégique et pacifique que
les choses peuvent bouger. En réalité, il suffit de peu pour mettre le
pouvoir et ses satellites hors orbite. Que reste-t-il de crédit en fait à un
pouvoir éclaboussé jusqu’au sommet par des scandales de corruption et de
malversation ? Que faut-il donc attendre d’un régime où la justice condamne
un citoyen pour avoir dénoncé des magistrats corrompus ?! Que reste-t-il à
espérer d’un système dont l’instrument judiciaire est corrompu jusqu’à la
mœlle ?! Que peut-on attendre de la part de gouverneurs qui renient leurs
engagements pourtant proclamés publiquement et consignés dans un document officiel
paraphé et signé un certain 15 janvier 2005 ?! Comment peut-on admettre que
30 ans après le Printemps Amazigh et 9 ans après le Printemps Noir, la langue
Amazighe n’est toujours pas consacrée comme langue officielle. Le Haut
conseil à l’amazighité et l’Académie demeurent bloquer par les
Islamo-Baâthiste conservateurs du régime. A-t-on le droit de passer sous
silence le fait que les ordonnateurs, les commanditaires et les exécutants
des assassinats des 126 martyrs du printemps noir ne soient toujours pas
jugés ?! Est-il juste de laisser à l’abandon les familles des martyrs, les
victimes blessés et les sinistrés ayant subi des dégâts matériels durant les
événements du Printemps Noir qui attendent une véritable prise en charge ?! La problématique, il est vrai, est
plus complexe dès lors où le pouvoir corrompu et corrupteur a su mettre en
place, en accompagnement au décor démocratique de façade, une société civile
virtuelle et une fausse opposition chargées toutes deux de polluer
l’environnement de la lutte politique et sociale. Il n’y a pas si longtemps
les syndicats autonomes de l’éducation et de la santé ont mené un mouvement
de grève des plus courageux pour revendiquer leurs droits
socioprofessionnels. En face à l’action revendicative de ces syndicats, il y
avait le mépris du pouvoir et plus grave encore l’indifférence totale des
acteurs politiques soi-disant d’opposition. On a vu des enseignants et des
médecins menacés dans leur intégrité morale et physique, tabassés par la
police et réprimés par l’appareil bureaucratique, et tout cela sans qu’aucun,
au sein de la société civile, n’ose lever le petit doigt. Ceux qui, par
l’intox, l’infiltration et la calomnie, ont tout fait pour saper la dynamique
citoyenne, où sont-ils passés aujourd’hui ?! On a vu un véritable patriote,
Benyoucef Mellouk, se faire condamner, dans l’affaire des magistrats
faussaires, à quatre mois de prison ferme, et ce, sans qu’aucune des voix
fluettes de l’opposition ne se fasse entendre ! Ceux qui naguère reprochaient
au Mouvement citoyen d’accaparer trop le champ politique, où sont-ils ?
Sont-ils enfin tranquillisés par rapport à leurs intérêts ? La réponse à ces
questions est aussi connue par le simple citoyen. À ce titre, Abraham Lincoln
avait bien raison de dire : « On peut tromper une partie du peuple tout le
temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout
le peuple tout le temps ». Face à la Hogra synonyme du mépris de
ce régime maffieux et assassin, la société n’a d’autre choix que de s’auto-organiser
et de se mobiliser pour défendre sa dignité et imposer un changement qui
scellera l’édification de la république démocratique et sociale de Abane où
seront consacrées les valeurs de la citoyenneté. A cet effet, la commémoration du
30ème anniversaire du Printemps Amazigh et du 9ème anniversaire du Printemps
Noir exige de nous de la lucidité et de responsabilité politique allant dans
le sens de la dynamique de lutte pour la citoyenneté, en oeuvrant dans une
démarche constructive de rassemblement des forces citoyennes. Le mouvement citoyen réuni
aujourd’hui le 18 avril appelle la population à resserrer les rangs, en
faisant du 20 avril 2010 la journée de la fraternité et de la redynamisation
du combat pour le recouvrement de nos droits démocratique, en allant tous
dans le sens de briser le joug néocolonialiste qui nous est imposé par un
régime totalitaire squatteur de la souveraineté populaire. Enfin, le Mouvement citoyen, tout en
rendant hommage aux martyrs et victimes du Printemps Noir, tient à réitérer
sa détermination inébranlable à faire aboutir les idéaux véhiculés par la
plate-forme d’El-Kseur. ULAC SMAH ULAC LE COMBAT CONTINUE |