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En Avril 2001,alors que
Dans le sillage de cette situation
explosive, des voies sages se sont élevées pour appeler à s’organiser en
vue d’arrêter l’effusion du sang. Si dans quelques centres urbains, les
citoyens se sont organisés en comités citoyens de quartiers, la population a
dans sa majorité choisi de retourner vers la structure ancestrale qui est
le Aarch (la tribu) à base de l’organisation en comités de villages
d’où la naissance du mouvement citoyen des Aarchs. Le mouvement citoyen des Archs est justement
la confédération des tribus Kabyles, une sorte d’institution politique suprême
dont la région a toujours recherché les services temporaires dans les cas
d’agression extérieure depuis plusieurs siècles. Le mouvement citoyen des
Aarch tire sa force et sa crédibilité dans le noyau même de la confédération
des Aarchs qui est Thadjmaat (Comité de Village), l’organisation sociale la
plus ancienne connue des populations de la région. Thadjmaat est en fait le
microcosme de la représentation sociale du village ou sont débattues toutes
les questions et préoccupations des villageois et constitue par là même un
espace de socialisation pour tous les individus majeurs. Une véritable
institution de laquelle est exclue malheureusement la femme. Une entité
politique réduite de la société Kabyle qui a cependant évolué
progressivement en s’ouvrant ou en subissant des mutations imposées par la
technologie et la sophistication des moyens de vie moderne. L’émergence du
mouvement citoyen des Aarchs a fortement participé à l’accélération du
processus du changement de cette superstructure longtemps dominée par des
considérations de famille, de religion ou de sacré. Elle a été transformée
en véritable environnement politique adéquat discutant non seulement de
l’avenir d’un village ou d’un groupe de citoyens mais du destin de tout un
peuple et de tout un pays. Et la population s’y est immédiatement attachée
faisant des démonstrations de rue jamais égalée et sans pareil dans
l’histoire de l’Algérie, la marche du 14 juin 2001 à Alger qui a drainée
plus de deux millions de citoyennes et de citoyens et le rejet avec succès de
toutes les échéances électorales constituent des illustrations indéniables.
Une mobilisation accrue qui a mis à mal les autorités et réduit à presque
rien la représentation politique notamment en région de Kabylie déjà
souffrant d’un déficit de crédit encore d’actualité perdant de fait leurs
privilèges . Ainsi Thadjmaat devient nationale, adoptant, à travers ses
structures de département autonome, un mode d’organisation politique moderne
dominé par des débats extrêmement libres et variés dans une transparence
jamais démentie .une démocratie à la base . Les échos entre les régions
d’Algérie s’élargissent et les idées convergent. Du jamais vue dans
l’histoire politique nationale. Des vieux, habitués aux ordres du jours
ordinaires dans les Thadjmaat qui traitent généralement de problèmes
domestiques spécifiques à la cité, se jettent dans le bain des sujets forts
de l’heure tels la démocratie, les droits de l’hommes, l’égalité entre
l’homme et la femme et se surprennent à défendre des idéaux qui n’étaient
forcément les leurs. Tout le monde l’aura constaté : une mini- révolution
est en train de se produire. Les camisoles cèdent devant la fougue d’une
jeunesse avide de liberté ,
d’autonomie de décision, de prendre en main son propre devenir et les
horizons d’espoir se multiplient. Trois coordinations principales de département
constituant le mouvement citoyen des Aarchs voient le jour, il s’agit de la
coordination des Aarchs Daïras et Communes de Tizi-Ouzou (C.A.D.C.), La plate forme de revendication dite d’El
Kseur (Ville où elle a été adoptée) dont l’aboutissement demeure le seul
objectif du mouvement citoyen des Aarchs est la synthèse de la somme des
revendications et doléances exprimées avec force et détermination dans la rue
par la population durant plusieurs mois voir même depuis des années. Elle
inclue 15 points de revendication structurées autour de quatre chapitres. Le
premier chapitre concerne les réparations dûes aux victimes du printemps noir
de 2001 à 2004 (réf : 1,3,5 et 14), il s’agit notamment d’octroyer un
statut de martyr à chaque victime de la dignité et la prise en charge des
victimes blessées. Le deuxième chapitre aborde les réparations par le châtiment
et la sanction (réf : 2,4,6 et 7), il aborde le jugement par les tribunaux
civils de tous les auteurs, ordonnateurs et commanditaires des crimes et le départ
des brigades de gendarmerie. Le troisième chapitre s’intéresse
aux revendications démocratiques et historiques (réf : 8,9,11 et 13), et
se penche sur la satisfaction de la revendication Amazigh dans toutes ses
dimensions sans référendum et sans conditions et la consécration de la langue
Amazighe dans la constitution comme langue nationale et officielle et la mise
sous l’autorité effective des instances démocratiquement élues de toutes
les fonctions exécutives de l’Etat ainsi que les Corps de sécurité et le
respect des droits de l’Homme. Et enfin le dernier chapitre aborde
les revendications socio économiques telles le plan d’urgence socio économique
pour les régions touchés par les événements du printemps noir, et
l’institution d’une allocation chômage. Depuis 5 mois le mouvement citoyen des
Aarchs est entré dans une nouvelle phase qualitative avec l’ouverture d’un
dialogue avec les hautes autorités du pays pour la mise en œuvre de la plate
d’El Kseur. A cet effet, un accord pour la concrétisation des revendications
a été signé entre le chef du gouvernement et la délégation du mouvement
citoyen des Aarchs. Cet accord a permis d’instituer un mécanisme conjoint
chargé du suivi et de la mise en oeuvre de la plate forme d’El Kseur. En plus de l’application presque totale
des mesures d’apaisement concernant les 6 incidences du printemps noir entre
autre l’annulation des poursuites judicaires contre les manifestants, la réintégration
des travailleurs licenciés pour leur appartenance au mouvement, un effort au
travail et une mobilisation tous azimuts sont demandés aux délégués pour la
réalisation des objectifs et des revendications contenues dans la plate forme
d’El Kseur en partenariat avec les représentants de l’Etat. |
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